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Courrier des adhérents
Article d'un adhérent  

Histoires de chaux


   La visite des carrières de St Astier a replongé un ancien  professeur de chimie  dans ses grimoires ; voulez vous m' y suivre ; ( notre groupe de MPF compte d' autres «  prof. de chimie » : ne pas leur faire voir ce papier , ils seraient capables d' y trouver des énormités ...)

 J' ai commencé par me rafraîchir la mémoire : CaCO , c' est , dans ce jargon , le carbonate de calcium ; CaO , la chaux vive ; Ca(OH)2 , la chaux éteinte ; CO2 , le gaz carbonique et , bien sûr H2O l' eau .
  Passez moi  encore trois «   équations  »   :
  
  1. CaCO3       en chauffant devient                CaO   et CO2
  2. CaO           avec H2O   se transforme en    Ca(OH)2
  3. Ca(OH)2    avec  CO2      devient                  CaCO3

                                                                                                                      et parlons français ...

    Le calcaire est du carbonate de calcium avec plus ou moins d' autres minéraux , surtout des argiles ( presque pur , ce serait un marbre ) .
   En le chauffant  , équation  (1 )  , on obtient de la chaux vive . Ce produit est très avide d' eau , il est donc dangereux à manipuler : au contact de la peau , par exemple , il « pomperait » l' eau de notre corps ce qui provoquerait de graves brûlures .
 On va donc l' éteindre  , c' est la réaction (2) , et  voici notre « chaux » , celle que nous allons chercher chez notre marchand de matériaux pour  le mur que nous voulons construire  .

   Surgit alors le dilemme : chaux aérienne ou chaux hydraulique ?
   Par chance , nous avons , aux MPF ,  des artisans qui sont beaucoup  plus qualifiés que moi pour faire le bon choix   ;  je vais m' en tenir ,  en simplifiant à l' extrême ,  à la chimie .

             Premier cas
 Le calcaire utilisé en (1) contenait très peu d' argiles  , le mortier que nous mettons entre les pierres de notre mur va réagir selon (3)  avec le gaz carbonique de l' air  -  d' où le qualificatif d' aérien , on dit aussi chaux grasse - ,il se durcit en se transformant en CaCO3 : calcaire . Mais cela demande plusieurs jours , pendant lesquels le mur sera fragile : ne le montons pas trop vite !

            Deuxième cas
Le calcaire de (1) contenait plus d ' argiles . Ces dernières , lors du chauffage , se transforment en divers dérivés de la silice qui vont se retrouver dans la « chaux » en quantité  notable ( c' est le seuil de 2% évoqué à St Astier) . Ces dérivés , pour faire simple , sont un peu comparables à du ciment , et , comme lui , durcissent plus vite que la chaux , ce qui va assurer un début de solidité à notre construction , dès qu' on aura mis  l' eau – d' où  hydraulique  on dit aussi chaux maigre – nécessaire à la préparation du mortier .
  Et , bien sûr , la réaction (3) va continuer à se produire , en prenant son temps .

 Au bout de quelques jours , il sera bien solide le mur de  notre maison paysanne de France !
  
                                                                    Le tas d’ordures
                                                                 par Ghislaine Valentin

                Neuf ans déjà que cette maison m’appartient, cette maison qui est pourtant la mienne depuis toujours. Il faut enlever cette herbe de la Pampa, elle ne fait pas partie du paysage ! Alors pioches et pelles au travail ! Tiens des boîtes rouillées, du verre brisé ! Mais bien sûr, elle est plantée sur un tas d’ordures, notre tas d’ordures.
                Des coquilles d’huîtres, puis encore des coquilles d’huîtres; je t’avaisdit “les huîtres, ça devait pas être cher autrefois car nous en mangions souvent - des huîtres, des moules et des pétoncles - tu vois tout est là”
                Mon Dieu, des chaussures intactes, le temps n’a pas encore commencé son oeuvre; il y a pourtant plus d’un demi-siècle que maman enfourchait son vélo pour se rendre à Melle et rapporter des chaussures neuves pour la rentrée de l’école (on ne disait pas rentrée scolaire). Ces mocassins, toujours les mêmes: “encore des mocassins !”, mais la timide protestation s’arrêtait là.: les gouttes huileuses dans le nez quand le rhume nous gagnait. Et ça? La Quintonine - donne bonne mine, disait la réclame -. Diluée dans du vin, un fortifiant pour toute la famille. Mais au fait, sur la table, il n’y avait pas d’eau, mais du cidre - nous ramassions les pommes le jeudi et elles finissaient à la cidrerie de St Romans-lès-Melle - (beurk, c’est la fin de la barrique !), du cidre, de la piquette ou du râpé. Pas d’eau pure. Si, par hasard il y en avait, elle était additionnée de poudre de coco ou coupée d’un peu de café froid. Tirer le cidre ! Une corvée que nous partagions à tour de rôle, avec beaucoup de crainte. Pas de lumière dans le chai. Et si la “pile “ s’éteignait, si....La peur panique parfois, sans oser l’avouer.
                Des piles oxydées: la pollution en pleine figure !
                Ah ! Un flacon d’encre Waterman. Il est beau; C’était le progrès, les premiers stylos-plumes.
                Et puis ces tout petits flacons joliment ciselés. Que d’émotion; les petits flacons de la Fête des Mères achetés à l’épicerie, dans le plus grand secret,avec les quelques sous de nos tirelires. La rose et l’œillet, quels parfums ! Nous étions tellement contents d’offrir ces petits présents accompagnés d’un bouquet cueilli dans les fourrés et d’un “Bonne Fête Maman”, sans oublier le cadeau et le poème préparé à l’école !
                Une boîte percée : les petits pois; je me souviens des dimanches où nos amis de Niort venaient manger. En leur honneur, on achetait à l’épicier, parce qu’ils étaient “meilleurs et plus présentables”, des petits pois très fins qu’on agrémentait d’une délicieuse volaille rôtie. Ces jours-là, pas de ces petits pois qu’on avait cueillis gros pour qu’ils fassent plus d’effet.
                Eh bien d’autres objets encore, d’autres images, d’autres fêtes, d’autres odeurs. Mais ce serait trop long!
                Voilà, tu la connais l’histoire du tas d’ordures; c’est la vie quotidienne d’une famille, c’est mon enfance, une enfance simple et heureuse. Je revois tout. Les souvenirs me reviennent avec la profonde nostalgie d’un passé à jamais révolu, un passé dont je suis fière et riche.
  

Recette de BETTERAVES VIEILLES POITEVINES

                                     par Christian Ridouard

                1- Cuire d’abord la betterave au four ou dans la cendre sous une bonne braise rouge, après l’avoir lavée. La betterave n’est vraiment cuite que lorsque sa peau est toute charbonnée et se lève sans difficulté.
                2- Peler la betterave et la couper en rondelles assez épaisses.
                3- Faire cuire deux oignons hachés avec un bon morceau de beurre manié de farine que l’on conduit jusqu’au roux brun.. Y joindre une pincée de quatre épices et une pincée de sel. Faire réchauffer les tranches de betterave avec cette préparation d’oignons et au moment de servir ajouter une petite cuiller d’excellent vinaigre de vin .

  
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